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Festival international de jardins
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Nouvelles
Les concepteurs de l'édition 2000

Pour l'an 2000, les Jardins de Métis
s'ouvrent à la création nouvelle

Les concepteurs de l'aménagement du site
Les concepteurs de jardins de la première édition de festival
Bernard Saint-Denis
Lisa Rapoport, Christopher Pommer et Mary Tremain
Jennifer Luce
Bernard Lassus
Marie-Chrystine Landry
Susan Herrington
Patricia Lussier et Anna Radice
Claude Cormier
Jill Billington


Les concepteurs de l'aménagement du site

Pour sélectionner le concept qui mènera à moyen terme au réaménagement global du site des Jardins de Métis, un concours d’idées en paysage et en architecture était organisé en août 1999 dont les lauréats sont l’Atelier in situ et VLAN paysage. Grand Prix d'excellence de l'Ordre des architectes en 1998 pour le recyclage de l’édifice Zone à Montréal, l'Atelier in situ, fondé en 1995, est formé d'Annie Lebel, originaire de Matane, de Geneviève L'Heureux et de Stéphane Pratte, tous trois architectes. Pour le projet de Métis, ils sont associés à une jeune équipe en architecture de paysage, VLAN paysage, formée de Micheline Clouard et Julie Saint-Arnault.

Ensemble, ils ont conçu « un projet ingénieux et persuasif qui porte un concept de paysage fort où la qualification des espaces ne passe pas par une forme mais plutôt par le sens » tel que le mentionnait le jury du concours d'idées formé de Kurt Forster, directeur du Centre Canadien d'Architecture de Montréal, et d'Alexander Reford et de Philippe Poullaouec-Gonidec, cofondateurs du Festival.

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Les concepteurs de jardins de la première édition de festival

Voulant favoriser les échanges d'idées et d'approches et affirmer, dès la première année, le caractère international et interdisciplinaire de l'événement, les organisateurs du Festival ont fait appel à neuf concepteurs (architectes paysagistes, architectes et artistes) d’Amérique et d’Europe afin de concevoir et réaliser les jardins temporaires sur le site spécialement aménagé à cette fin. En plus de contribuer à faire avancer les connaissances et renouveler les formes d'expression, ces créations nouvelles permettront de construire un pont entre tradition et modernité, étant donné la proximité immédiate du site historique des Jardins de Métis.

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Bernard Saint-Denis
Living Room

De l'idée à la forme

En parfaite harmonie avec les objectifs du Festival international de jardins, l'architecte paysagiste Bernard Saint-Denis et l'architecte Peter Fianu stimulent la réflexion par les sens : dans leur Living Room, ils exposent le caractère paradoxal de nos rapports à la nature dont nos jardins domestiques sont de puissants révélateurs.

Ainsi, l'accélération du rythme de transformation de notre environnement par nos industries s'accompagne aujourd'hui d'une prise de conscience des enjeux écologiques du développement économique. De la même manière, alors que la dimension technologique et virtuelle de notre cadre de vie devient prépondérante, on observe un engouement prononcé pour l'art des jardins et pour la découverte de lointains paysages naturels restés vierges.

C'est ce contradictoire état de nos rapports à la nature que Bernard Saint-Denis et Peter Fianu ont rendu sensible dans leur philosophique et poétique chambre de verdure. Pour l'inviter à partager leur réflexion, ils attirent le visiteur dans un aménagement végétal et vivant, entre terre et ciel, mais néanmoins étroit, géométrique et clos. Cet univers hautement artificiel construit à partir d'éléments naturels révèle par la caricature le simulacre quotidien de retour à la nature auquel nous nous livrons dans nos jardins d'agrément. Et, si sa présence semble provocante au premier regard, le téléviseur glissé dans cette salle de séjour en plein air paraît finalement tout à fait à sa place.

Les concepteurs

Titulaire d'une maîtrise en aménagement de l'Université de Montréal, Bernard Saint-Denis est architecte paysagiste et professeur adjoint à l'École d'architecture de paysage de l'Université de Montréal. Il a reçu, en 1998, le Prix d'excellence de l'Association des architectes paysagistes du Québec pour l'aménagement de la Bibliothèque d'Outremont. Peter Fianu est architecte et pratique à l'Atelier BRAQ. En 1998, il a réalisé le plan d'ensemble pour la Réserve de la nation algonquienne Mitchikanibikok Inik dans la Réserve faunique de la Vérendrye et en gère maintenant la réalisation.

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Lisa Rapoport, Christopher Pommer et Mary Tremain
Le jardin du repos

De l'idée à la forme

Le groupe PLANT/BranchPLANT crée, spécialement pour sa participation au Festival international de jardins, trois pièces de mobilier qui permettent d'appréhender leur jardin et le paysage dans lequel il s'inscrit d'autant de manières différentes et complémentaires.

Les designers Lisa Rapoport, Christopher Pommer et Mary Tremain se rattachent ainsi à la tradition de l'aménagement de points de vue sur le paysage, pratique habituellement réservée aux projets de grande envergure, et l'adaptent à l'échelle du jardin domestique. Par ce jeu de transposition, ils attirent l'attention sur le délassement et les plaisirs sensoriels que peut procurer cette multiplicité des postes d'observation, même dans un espace relativement restreint.

Dans l'axe principal du jardin, au centre de la longue zone rectangulaire de plantation, est installé un monumental lit de pierre. Il invite à s'allonger sur le dos pour s'imprégner des nuances du bleu du ciel et des effets du vent et du soleil sur la cime des arbres qui bordent le terrain. Dans l'angle nord-est du jardin, une chaise longue démesurée s'étire le long de la clôture conçue par les designers. Le visiteur qui s'y installe prend soudain conscience que le jardin surplombe le fleuve : suspendu au sommet d'une pente abrupte, il est exposé à la rumeur des vagues. Enfin, au sud du site, un banc en arc de cercle fait de rondins de bois offre un abri secret aux curieux : isolé par un écran du côté du jardin, et camouflé par un bosquet de l'autre côté, il donne un point de vue sur le chemin d'accès au site et sur le va-et-vient des visiteurs.

Les concepteurs

Les trois membres de ce groupe possèdent une formation en architecture et travaillent, seuls ou en équipe, en graphisme, en design, en architecture et en architecture de paysage. En plus de leur participation au groupe PLANT, Lisa Rapoport est professeure adjoint à l'École d'architecture de l'Université de Waterloo et Christopher Pommer est designer chez Bruce Mau Design. Leur pratique s'étend maintenant aux États-Unis avec, entre autres, le projet Meadowlands au New-Jersey qui concerne la reconversion d'un site industriel de 20 000 acres. Ils sont connus pour le projet « Sweet Farm » dans les Cantons de l'Est au Québec, un parc paysager écologique dont la réalisation a débuté en 1993.
    

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Jennifer Luce
Transfusion

De l'idée à la forme

À l'occasion de sa participation au premier Festival international de jardins, l'architecte américaine Jennifer Luce rend hommage à la créatrice des Jardins de Métis, Elsie Reford, et explore le rapport entre l'art de l'installation et l'art des jardins.

Tout paysage est un lieu de mémoire car il témoigne de sa propre histoire et de l'aventure de ceux qui l'ont traversé, habité ou transformé. Dans son œuvre, Jennifer Luce exacerbe en quelque sorte ce phénomène : au cœur de l'environnement naturel marqué par le travail passionné d'Elsie Reford, elle crée un lieu de mémoire qui retrace la vie et l'œuvre de la bâtisseuse des Jardins de Métis.

Dans cette installation intitulée Transfusion, tout est affaire de transferts. Ainsi, au sol, un lit de rivière en gravier rose saumon apparaît comme transposé. Et, accrochés à une forêt de tiges présentoirs, des extraits du journal d'Elsie Reford retournent au paysage qui les a inspirés. Enfin, suspendus à un réseau de câbles, des objets rappelant ses deux grandes passions métissiennes - la pêche au saumon et l'aménagement jardinier - évoquent un tournant décisif dans la vie d'Elsie Reford à Métis. Sa santé exigeant qu'elle renonce à la pêche, elle transfère son énergie au projet de jardins dont on admire encore aujourd'hui l'audace, la beauté et l'envergure.

La conceptrice

Originaire du Canada, Jennifer Luce est architecte et titulaire d'une maîtrise en architecture de paysage de l'Université Harvard. Après avoir travaillé chez Arquitectonica à Miami et avec différentes équipes, elle dirige maintenant son atelier à San Diego, en Californie, oł sa pratique est largement interdisciplinaire, s'intéressant autant à l'art public et à l'architecture qu'au design urbain et au paysage. Plusieurs prix d'excellence lui ont été décernés au cours des quinze dernières années dont un prix de l'American Institute of Architects pour le Loft Felkner / Lehman à San Francisco en 1999.

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Bernard Lassus
Reconstructions libres de deux oeuvres de Bernard Lassus

Le Jeu des points rouges, 1967
Le Buisson, contraste retardé, 1972

Les serres d'accueil du Festival présentent deux reconstructions d'œuvres de Bernard Lassus, un des plus grands architectes paysagistes français. D'abord, Le Jeu des points rouges (transformé pour l'occasion en Jeu des points verts), inventé à Paris en 1967 et répété jusque dans les années 80 à Berne, Hambourg, Amsterdam, Oxford, Varsovie et Londres. Ce jeu est basé sur une participation active du visiteur qui se trouve ainsi invité à dessiner « son jardin » et non pas seulement à contempler ou admirer passivement le « jardin des autres ». Cette pièce a valeur de fétiche pour le Festival qui souhaite que les expériences proposées aux visiteurs par les surprenants jardins des différents concepteurs invités puissent aussi leur servir d'inspiration pour leurs propres expériences horticoles.

La deuxième pièce, Le Buisson, contraste retardé, a été conçu en 1972 pour le Salon des Réalités Nouvelles de Paris et fut reproduit en 1973 à l'Institute of Contemporary Art de Londres. Les grandes branches peintes qui émergent d'un buisson d'azalées rappellent que l'élément fondateur du jardin est un dialogue entre nature et culture. Par la présentation de ces deux œuvres, Bernard Lassus donne le ton à l'édition 2000 du Festival et nous promet un jardin pour l'édition 2001.

Le concepteur

Bernard Lassus, plasticien et ancien élève de l'Atelier Fernand Léger, est architecte paysagiste et oeuvre en France et aux États-Unis. Récipiendaire du Grand prix national du Paysage 1996 (France), il est membre associé du Conseil général des Ponts et Chaussées et est conseiller en paysage auprès du Directeur des Routes. De 1995 à 2000, il a été professeur associé du Département paysage de l'Université de Pennsylvanie. Il compte parmi ses réalisations le Parc de la Corderie Royale de Rochefort-sur-mer qui a reçu, en 1993, le Grand Prix national du Patrimoine du ministère de la Culture pour le Jardin des Retours. En 1998, il a publié The Landscape Approach, aux Presses de l'Université de Pennsylvanie.

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Marie-Chrystine Landry
Le jardin des appels

De l'idée à la forme

Le Festival international de jardins offre à la sculpteure Marie-Chrystine Landry une excellente occasion de poursuivre et de faire connaître son travail sur le paysage. En effet, dans cette recherche artistique, elle explore systématiquement la thématique de la découpe, du transport d'un fragment dans un environnement nouveau, et crée ainsi des lieux hybrides, à la fois locaux et étrangers. Or, le site du festival qu'elle investit, sorte de piste d'atterrissage taillée dans l'épaisseur d'une forêt très dense, se prête magnifiquement à un exercice de collage d'un corps végétal contrastant.

Pour introduire un riche dialogue ici-ailleurs, l'artiste a choisi de fonder son intervention sur un élément de culture maritime aux résonances à la fois régionales et universelles : le signal de détresse SOS, qui est connu de tous, et renvoie aussi aux plus tragiques épisodes d'une histoire locale, celle de la navigation sur le Saint-Laurent.

Épurée, la mise en forme de cette idée se révèle d'une grande puissance évocatrice. Sur un tapis de gazon absolument uniforme s'inscrit une traduction végétale du codage en morse des lettres S, 0, S. Artémises et genévriers s'alignent donc en longues rangées selon un rythme doublement ternaire : trois trapus, trois pointus, trois trapus; pause; trois trapus... Par ailleurs, dévoilant sa technique du découpage et du collage, Marie-Chrystine Landry a fait déplacer un débarcadère trouvé aux alentours pour soulever et incliner une portion du terrain. Les arbustes s'y installent à l'oblique et l'appel venu de la mer qu'ils véhiculent semble ainsi descendre dans le jardin après avoir survolé la forêt.

Mais ce signal de détresse pourrait aussi bien partir de la forêt et s'élever dans la clairière pour rejoindre le fleuve. L'œuvre de Marie-Chrystine Landry ne se laisse d'ailleurs en aucun cas réduire à une seule lecture. En particulier, le caractère hautement graphique du jardin des appels - les végétaux sont utilisés pour créer un motif répétitif sur un fond uniforme -, ainsi que ses airs de jardin toscan miniaturisé perdu dans la forêt métissienne, ouvrent d'intéressantes pistes d'exploration artistique et de réflexion sur les rapports entre l'art des jardins et les arts plastiques.

La conceptrice

Originaire de la région du Bas-Saint-Laurent, Marie-Chrystine Landry est titulaire d'une maîtrise en arts visuels de l'Université du Québec à Montréal. Depuis 1985, elle a participé à plusieurs expositions collectives et individuelles et a réalisé des projets d'art public dans le cadre du Programme d'intégration des arts à l'architecture. Représentée par la Galerie Graff à Montréal, elle y a présenté dernièrement l'exposition « La lecture des viscères ou l'émotion comme fétiche ».

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Susan Herrington
Pré et marée

De l'idée à la forme

L'architecte paysagiste de Colombie-Britannique Susan Herrington répond à l'invitation du Festival international de jardins en installant, au bord du fleuve Saint-Laurent, un petit musée d'histoire des jardins, végétal et sensoriel.

Le site ouvert sur le fleuve dont elle disposait lui a donné l'envie d'évoquer en langage jardinier un épisode historique important dans le développement de l'art des jardins : celui des expéditions botaniques qui étaient organisées pour ramener en Occident des plantes exotiques. Ainsi, à l'aube du 20e siècle, des espèces inédites arrivaient en pots par bateau et, progressivement, celles que l'on parvenait à naturaliser se mêlaient aux arrangements de plantes indigènes.

Pour retracer cette évolution, Susan Herrington a donné une structure bipolaire à son long jardin intitulé Pré et marée. Côté marée, c'est-à-dire aux abords du fleuve, comme si elles avaient été fraîchement débarquées d'un navire, des plantes exotiques en pots sont disposées méthodiquement. À l'autre extrémité, côté pré, les mêmes espèces, en même nombre exactement, se retrouvent intimement mêlées à la végétation locale dans des massifs typiquement jardiniers. Entre ces deux pôles se dresse une série de panneaux pivotants recouverts de pelouse qui indique ce qui sépare ces deux univers, soit le temps de l'acclimatation. Et, lorsqu'il traverse cette cloison mobile et perméable, le visiteur s'expose à des sensations nouvelles : l'odeur d'herbe coupée remplace celle de la brise marine ou, en sens inverse, le décor de jardin fait place à la vue sur le fleuve immense.

La conceptrice

Susan Herrington est architecte paysagiste et titulaire d'une maîtrise en architecture de paysage de l'Université Harvard. Tout en continuant de pratiquer aux États-Unis, principalement en Californie, elle est depuis peu professeure adjointe à l'École d'architecture de paysage de l'Université de Colombie-Britannique. Ses recherches et les projets auxquels elle contribue portent principalement sur les jardins conçus pour les enfants. En 1997, elle a été l'une des cinq finalistes du concours international pour le « Oklahoma City Bombing Memorial ».
      

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Patricia Lussier et Anna Radice
Not in my Backyard

De l'idée à la forme

Deux designers paysagistes de la relève profitent de la tribune qui leur est offerte au Festival international de jardins pour élever le recyclage jardinier au rang d'art : Patricia Lussier et Anna Radice (L'espace DRAR) créent un ludique et poétique Not in my Backyard oł rien ne se perd mais tout se transforme. Dans un contexte de surconsommation et de production effrénée de déchets, l'idée était de démontrer comment un jardin d'échelle domestique peut devenir un véritable éco-centre artistique. Et le jardin qui en résulte semble lancer à ses visiteurs un enthousiaste : « La nature recycle tout, moi aussi. »

Au sol, alternent des bandes de pelouse et de sable de verre recyclé. Ces rayures évoquent à la fois l'organisation d'un potager, les vagues parallèles de la mer toute proche et les déchets qu'elles charrient. Le verre de la bouteille usagée - échouée sur la plage après avoir été jetée à la mer -, retourne à l'état de sable et forme un réjouissant tapis, miroitant sous le soleil et crépitant sous les pas. Dans les bandes de gazon, les tristes clôtures en fil métallique des plus pauvres jardins trouvent une nouvelle vocation : leur treillis déroulé au sol sculpte la pelouse et l'arrache elle aussi à sa banalité. Ailleurs, le même réseau de fils de fer est roulé sur lui-même pour former des tabourets. Autres objets communs et ennuyeux revalorisés à grand coup d'imagination et d'esprit enjoué : des cuvettes en fer déposées ça et là dévoilent de petits trésors odorants, colorés, vivants...

Les conceptrices

Les deux membres de l'Équipe DRAR ont une formation en architecture du paysage et oeuvrent en pratique privée à titre de stagiaires. Elles ont participé à des concours et différentes expériences internationales dont un stage au Conservatoire international des parcs et jardins de Chaumont-sur Loire en 1997. Anna Radice est récipiendaire de la Bourse Frederick Law Olmsted de l'Université de Montréal et a reçu, avec Patricia Lussier, une mention lors de la Charette du Centre Canadien d'Architecture en 1998 pour le projet « Surface pour quatre saisons ».

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Claude Cormier
Le jardin de bâtons bleus

De l'idée à la forme

Dans le cadre du Festival international de jardins, l'architecte paysagiste Claude Cormier présente une réinterprétation contemporaine de l'art de la plate-bande à l'anglaise.

Avec la volonté d'ancrer une œuvre résolument actuelle dans le contexte des jardins historiques voisins, Claude Cormier s'est inspiré de l'Allée Royale créée par Elsie Reford. Cette promenade a été aménagée dans la grande tradition établie au tournant du 19e siècle, en Angleterre, notamment par Gertrude Jekyll. De très denses bordures de vivaces s'y détachent par contraste devant de hauts rideaux de lilas et cet étagement génère un saisissant effet de fuite perspective.

Adoptant la même grammaire jardinière - encadrement d'une allée, approche pointilliste de la couleur et stratégie de l'écran végétal comme toile de fond contrastante -, Le jardin de bâtons bleus de Claude Cormier utilise cependant un vocabulaire très différent. En lieu et place des fleurs, ce sont des bâtons peints qui sont plantés en rangs serrés de façon à ce que l'ensemble fasse l'effet d'une masse monochrome. Aussi radicalement étrangers à l'œuvre d'Elsie Reford que ces piquets puissent paraître, ils y font en fait référence : leur bleu renvoie à la fleur du pavot de l'Himalaya qu'elle acclimata à Métis et qui est devenu l'emblème de ses jardins. Et tout est ainsi dans le projet de Claude Cormier : référentiel, mais transcendé par son imagination. Le visiter est une expérience sensorielle riche et inédite car l'architecte paysagiste a ménagé des effets de couloir, de labyrinthe, de cul-de-sac et de demi-tour, ainsi que des variations de hauteur des bâtons qui modifient la perception du jardin et de son environnement au fil de la traversée.

Le concepteur

Claude Cormier est architecte paysagiste et titulaire d'une maîtrise en architecture de paysage de l'Université Harvard. Concepteur ayant déjà oeuvré chez Martha Schwartz aux États-Unis, il est chargé de formation pratique à l'École d'architecture de paysage de l'Université de Montréal depuis 1992 et est responsable de la gestion du jardin du Centre Canadien d'Architecture. Il est lauréat du concours de la Place d'Youville à Montréal qu'il réalise avec le groupe Cardinal Hardy.

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Jill Billington
Clearings

De l'idée à la forme

Parmi les sites proposés à leurs invités par les organisateurs du Festival international de jardins se trouvait une clairière. C'est la designer paysagiste anglaise Jill Billington qui a jeté son dévolu sur ce lieu d'intervention pour y organiser une subtile rencontre entre environnement jardinier et nature sauvage.

Dans sa création, Jill Billington exprime ce que clairière et jardin ont en commun. Fondamentalement, ces espaces habitables sont gagnés sur l'environnement naturel par le travail humain et demeurent vivants et instables. La clairière est en permanence menacée de reconquête par la forêt qui la cerne et le jardin, quant à lui, risque à tout moment de verser dans la sauvagerie si l'entretien fait défaut.

C'est ce caractère éphémère et superficiel de la transformation d'une parcelle de paysage en jardin ou d'un morceau de boisé en clairière qui est mis en scène dans Clearings. Tout autour du site, la designer a planté des troncs d'arbres nus. Ces éléments artificiels délimitent l'espace humanisé tout en introduisant une forte continuité avec son environnement sauvage. À l'entrée du jardin, ils forment un véritable labyrinthe et, partout, ils sont de taille variable et disposés de manière aléatoire. Plutôt qu'une barrière contre la forêt avoisinante, ils constituent une zone tampon entre territoire naturel et domaine culturel. À l'intérieur de ce périmètre, le visiteur rencontre des carrés de fleurs et d'autres troncs, couchés ceux-là, qui rappellent de quel labeur incessant jardin et clairière restent tributaires.

La conceptrice

Sculpteure de formation, professeure d'art paysager et auteure très connue en Angleterre, Jill Billington est récipiendaire de plusieurs prix du Chelsea Flower Show et du Glasgow National Garden Festival. Membre de la Royal Horticultural Society, elle siège fréquemment sur les jurys des grandes manifestations horticoles. Elle est aussi l'auteur de plusieurs ouvrages consacrés à l'art des jardins dont les livres « De tout petits jardins » et « Les plus beaux mariages de plantes ».

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